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LA PIERRE DE CASSIS

Les pierres de Cassis contribuent-elles à reconstituer le lointain passé de son site prestigieux ? Il faut pour cela examiner les couches de terrain agencées comme les pages d'un livre, et qu'il suffit de feuilleter pour raconter l'histoire géologique du site cassidain.
La couche dite urgonienne est la plus ancienne, datée de 117 millions d'années environ. C'est de cette couche qu'est tirée la Pierre de Cassis dont la dureté en fait un matériau de choix pour l'usage domestique (la célèbre "pile" provençale), le dallage ou l'édification de monuments. C'est dans l' Urgonien que sont creusées les Calanques de Port Miou, Port Pin et En Vau. C'est à ses arêtes vives ou ses parois abruptes, façonnées par l'érosion, que s'accrochent les alpinistes.
A la pointe Cacau, à l'extrémité de la calanque de Port-Miou, ou dans les carrières ouvertes sur la face est du promontoire, la roche urgonienne dévoile ses secrets. Avec un peu d'attention, on découvrira qu'elle renferme de nombreuses coquilles d'organismes, les rudistes, sortes de mollusques bivalves fossiles, lointains cousins des huîtres, qui peuplaient le fond des mers urgoniennes lorsque se déposait le sédiment calcaire qui les a ensevelis à jamais. Coquilles et sédiments, étroitement mêlés, ont été peu à peu transformés en pierre, la Pierre de Cassis.
( Extraits de " Pierres de Cassis" de Jean Philip, Géologue, Professeur à l' Université de¨Provence )

L'HOTEL DE VILLE

Hôtel particulier début du XVII ème siècle construit par Désiré de Moustier,ancien Consul de Marseille. On peut y voir un escalier Grand Siècle et un salon d'honneur avec un plafond à caissons et une cheminée d'époque surmontée du portait de Pierre de Garnier, Secrétaire du Roi au Parlement d'Aix et au Consul de Cassis au XVIIIème siècle. Le rez- de chaussée présente sous un sol vitré , les vestiges d'une cuisine du Moyen Age.
Acquis par la Commune en 1938, le bâtiment a été entièrement restauré à la fin des années 1980.

LE CHATEAU

Enceinte fortifiée du XIII ème, XIVème siècle, sans doute construite sur les vestiges d'un premier édifice du VIII ème siècle. C'est à l'intérieur de ce " Castrum " que s'est développé le Cassis médiéval qui cherchait à se protéger des invasions barbares et des brigands.
Prise d'assaut en 1524 par les troupes de Charles Quint, la Citadelle sera ensuite progressivement délaissé au profit du bourg en bordure de rivage et deviendra un fort militaire.
Vendu par les Domaines en 1896 et revendu à plusieurs reprises, le château est depuis lors une propriété privée.

LA VILLA MAURESQUE

Mitoyenne au château, cette habitation du début du siècle doit son nom à son style, qui rappelle les propriétés coloniales construites en Algérie vers la même époque. Autrefois dépendance du château, elle fût rachetée ainsi que le château par un américain tombé amoureux de Cassis. A sa mort, ses biens passeront de main en main, jusqu'à ce que la Municipalité rachète la Villa Mauresque en 1979. Actuellement fermée au public, elle fait l'objet d'un projet de Restauration pour faire un espace culture. Ses jardins accueillent des concerts de Jazz en plein air à la belle saison dans le cadre du festival " Jazz Marin ".

L'EGLISE St MICHEL

La première Eglise de Cassis construite en 1521 dans l'enceinte du château, était déjà consacrée à l'Archange Saint Michel et à Notre Dame de l'Assomption. Au XVIIème siècle, avec l'extension du village au pied du château, la ville entrepris la réalisation d'une deuxième Eglise, plus proche et plus vaste en bordure de l'actuelle Place Baragnon. Elle ne fut achevée que 100 ans plus tard et son implantation sur un sol instable et exposé aux inondations s'avéra vite désastreuse. En 1859, on décida de rebâtir l'Eglise sur un site plus élevé et plus stable, malgré l'opposition de certains paroissiens qui répugnaient à s'écarter du centre-ville, à l'emplacement d'une ancienne chapelle des Pénitents Noirs. C'est donc historiquement la 3ème Eglise de Cassis.
De style Roman à trois nefs, réalisée en pierre de Cassis, elle fût consacrée en 1867.

LES CHAPELLES

De la douzaine de chapelles autrefois existantes, trois sont encore visibles de nos jours :
" La Chapelle Sainte Anne dans le Centre ancien, devenue depuis peu propriété communale
" La Chapelle Sainte Croix sur les hauteurs jadis jointe à un Hermitage et reconstruite au XIX ème siècle, actuellement propriété privée.
" La Chapelle de Notre Dame La Santé, édifiée par la commune dans les années 1650 à l'extrémité de la presqu'ile pour remercier le seigneur d'avoir préservé ses habitants de la peste.
Selon le vœu fait à l'époque, les cassidains s'y rendent tous les ans en pèlerinage le premier Dimanche de Juillet.

LE CHEMIN DES ORATOIRES

Souvent situés en bordure d'un chemin ou d'un mur d'enceinte, les oratoires visibles de nos jours à Cassis , sont au nombre de onze .
Construits en pierre de taille ou en maçonnerie, composée d'un pilon et d'une niche ogivale, parfois même de plein cintre, ils sont surmontés généralement d'une croix en fer forgé, et certains d'entres eux abritent encore une statue qui témoigne d'une dévotion particulière, soit à la Vierge, soit à l'Enfant Jésus, soit à tel ou tel Saint :
Saint Lazare, Premier Evêque de Marseille, Saint Vincent, Patron des Vignerons, Saint Antoine de Padoue, Saint Charles Borromée…

L'USINE A FER

La société métallurgique Voulland- Roger et Cie achète un terrain au Bestouan en mai 1856 afin d'y implanter une usine à fer.
Site côtier, l'anse du Bestouan, moyennant un débarcadère, était accessible aux bateaux de haute mer transportant le minerai de fer de Provence en Espagne (la production devait rejoindre par la suite Marseille et le port constituait un abri tout proche).
La construction de l'usine débuta dès 1856, la carrière voisine offrait au maître d'œuvre les matériaux nécessaires : pierre et probablement la chaux du four construit à proximité.
Le 23 Novembre 1857, l'usine entre en activité mais son exploitation durera moins de 4 ans.
La technique nécessaire, les coûts de transports augmentent le prix de revient de la fonte produite. L'usine a démarré en pleine crise économique, " la crise de 1857 ", ce qui restreint les débouchés de l'industrie et fait choir le prix de la fonte.
Le 7 Novembre 1861, la liquidation de l'usine à fer est prononcée.
De 1862 à 1866, l'usine sera totalement dépouillée. On prélèvera toutes les machines ainsi que les matériaux récupérables et la charpente.
Unique vestige du patrimoine industriel communal avec sa belle cheminée de brique, il est question de restaurer cet espace pour accueillir de grandes manifestations.

LA MAISON DU FOUR BANAL

Des travaux entrepris dans un immeuble situé au coin de la rue du Four et de la rue Thérèse Rastit ont révélé en 1999 , l'existence d'un four à pain datant vraisemblablement du début du XVIII ème siècle. Il s'agit d'un four communal comme il en existait plusieurs à Cassis dés le XVI ème Siècle et il voisinait avec un moulin à huile communal.
En excellent état de conservation, ce fournil a en outre révélé dans son sous-sol des vestiges poteries remontant au 1er siècle avant J-C, qui confirment l'existence d'un port ou d'un lieu de mouillage dès cette époque à Cassis.

LA VILLA ARIANE

(Bibliothèque Municipale)

Cette bastide de style italo-provençal appartenait autrefois à un vigneron cassidain. Restauré par la Municipalité dans le respect du site, elle accueille. désormais sur ces trois étages , la Bibliothèque Municipale et l'Ecole de Musique dans l'ancienne serre qui surplombe le jardin agrémenté d'un bassin.

LE TRIBUNAL DE PÊCHE

Situé le long du Port sur le quai Barthélemy , il témoigne de l'activité longtemps prédominante de la commune , du combat des cassidains pour se soustraire à la juridiction " despotique, tyrannique , onéreuse , suspecte et abusive " des prud'hommes de Marseille. Ce droit leur fut accordé en 1791.
La façade donne à voir , abritée dans une niche , la statue en bois polychrome de Saint Pierre, patron de la Confrérie des pêcheurs , restaurée en 1984
. Elle est traditionnellement menée en procession jusqu'à l'église, le dernier dimanche de juin à l'occasion de la Saint Pierre. La cérémonie est suivie d'une bénédiction en mer de toutes les embarcations et d'un hommage aux marins disparus.

LA FONTAINE BARAGNON

Au cœur du jardin public, cette fontaine rend hommage à Pierre Baragnon, propriétaire du château de Fontcreuse au XIX ème siècle et conseiller général du canton pendant 20 ans dont l'action infatigable permit l'adduction d'eau du canal de Marseille en 1892 à Cassis.

LA FONTAINE DES QUATRE NATIONS

Avant le raccordement au canal de Marseille, la Cité est constamment alimentée en eau par plusieurs fontaines.
Sur la place Royale, aujourd'hui place de la République, la Fontaine des 4 nations surmontée d'une statue du Roi Soleil, est la réplique en miniature de cet édifice à Paris, place des Victoires.
On raconte que des parisiens en visite à Cassis se seraient écriés " Qui a vu la fontaine de Paris, s'il n'a pas vu celle de Cassis, n'a rien vu " donnant ainsi naissance au célèbre dicton repris par Frédéric Mistral " Qu'a vist Paris, se noun a vist Cassis, pou dire: n'ai rèn vist"
Disparue à une date indéterminée, la fontaine fut remplacée en 1785 par celle que l'on voit encore aujourd'hui sur la place.

LA STATUE DE CALENDAL

L'illustre pêcheur Cassidain avait été immortalisé dans les années 1930.
Sa statue, due au sculpteur Cornu, dominait la Plage de la Grande Mer et il était de tradition que les conscrits cassidains se fassent photographier à ses pieds.
Elle fut détruite en 1944 par les troupes d'occupation; Mais les Cassidains se mobilisèrent pour retrouver leur héros en 1999.
Une nouvelle statue réalisée par Bouvier était érigée sur l'esplanade de Briand.
Elle est en pierre de Cassis d'un seul bloc. Le pêcheur tourne ses regards, vers le Mont Gibal où s'était réfugiée la belle Estérelle pour échapper à la cruauté de son époux le Comte Séveran.



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